Remplacer un interrupteur va-et-vient classique par un module Yokis va et vient transforme un circuit d’éclairage câblé de façon traditionnelle en commande radio, sans tirer de nouveau fil. Le principe repose sur un micromodule récepteur (type MTV500E ou équivalent) installé derrière l’un des deux interrupteurs existants, associé à un ou plusieurs poussoirs.
Cette intervention reste accessible à un bricoleur averti, mais elle exige de comprendre le câblage d’origine, de respecter la norme en vigueur et de vérifier quelques points techniques que les tutoriels en ligne survolent souvent.
Câblage d’origine du va-et-vient : ce qu’il faut identifier avant de toucher au circuit
Un montage va-et-vient standard utilise deux interrupteurs reliés entre eux par deux fils navettes. La phase arrive sur le premier interrupteur, les navettes relient les deux, et le retour lampe part du second vers le luminaire. Le neutre, lui, passe directement au luminaire sans transiter par les interrupteurs.
Le micromodule Yokis va et vient se substitue à cette logique. Il a besoin de la phase, du neutre et du retour lampe au même endroit. Le problème fréquent en rénovation : le neutre est rarement présent dans le boîtier d’encastrement de l’interrupteur. Il transite directement vers le point lumineux sans passer par la boîte.
Avant toute intervention, identifiez dans quel boîtier arrivent la phase et le neutre ensemble. En général, c’est le boîtier le plus proche du tableau électrique. Si aucun boîtier ne dispose du neutre, il faudra soit tirer un fil supplémentaire, soit déporter le module au niveau du luminaire (où phase et neutre coexistent toujours).

Installation du micromodule Yokis : branchement et remplacement des interrupteurs par des poussoirs
Une fois le boîtier d’accueil identifié, coupez l’alimentation au disjoncteur du circuit concerné. Vérifiez l’absence de tension avec un VAT (vérificateur d’absence de tension), pas avec un simple tournevis testeur.
Raccordement du module récepteur
Le micromodule se connecte selon un schéma précis. Les bornes varient légèrement selon le modèle (MTV500E, MVR500E), mais le principe reste identique pour un circuit d’éclairage :
- La borne « P » (ou phase) reçoit le fil de phase venant du tableau.
- La borne « N » (neutre) reçoit le fil neutre, ce qui impose sa présence dans le boîtier.
- La borne de sortie (souvent marquée d’un symbole lampe) se raccorde au retour luminaire.
- La borne « BP » (bouton-poussoir) reçoit le fil du poussoir local qui commandera l’allumage depuis ce point.
Les anciens interrupteurs va-et-vient doivent être remplacés par des poussoirs (contacts momentanés). Un interrupteur classique maintient sa position (haut/bas), alors qu’un poussoir revient à sa position initiale après appui. Le module Yokis interprète chaque impulsion pour basculer l’état de l’éclairage.
Que faire du second interrupteur ?
Le second point de commande, celui qui ne reçoit pas le module, peut fonctionner de deux façons. Si un fil relie encore les deux boîtiers (une ancienne navette réaffectée), il est possible de raccorder un poussoir filaire sur la borne BP du module via ce fil. L’autre navette, devenue inutile, doit être isolée correctement aux deux extrémités.
L’alternative est de supprimer la liaison filaire entre les deux points et d’installer un émetteur radio Yokis (type E2BPP ou équivalent) au second emplacement. L’émetteur radio fonctionne sans fil, alimenté par pile ou par récupération d’énergie, et communique directement avec le récepteur. Cette option évite de se soucier du cheminement des anciennes navettes.

Norme NF C 15-100 et différentiel : points de conformité à vérifier
La NF C 15-100 a changé de structure en 2024. Elle se décline désormais en une série de documents, avec une période de coexistence entre l’ancien texte et la nouvelle mouture qui s’achève en août 2025. Pour les installations neuves, extensions et modifications, le nouveau référentiel s’applique depuis septembre 2025.
Pour un remplacement d’interrupteur par un module domotique, la date de référence du chantier dépend du dépôt de permis ou de la signature du marché, pas de la date d’exécution des travaux. Le CONSUEL a rappelé cette subtilité en juillet 2025. En pratique, un simple remplacement de mécanisme dans un logement existant ne déclenche pas systématiquement un contrôle CONSUEL, mais le circuit doit rester conforme.
Un point technique mérite attention : la nouvelle norme mentionne une exigence de différentiel de type F pour les circuits intégrant de l’électronique de puissance (variateurs monophasés, par exemple). Si le module Yokis installé intègre une fonction variation (cas du MTV500E, qui est un télévariateur), vérifiez que le disjoncteur différentiel en amont est compatible. Un différentiel de type AC standard peut ne pas détecter certains courants de fuite générés par l’électronique du module.
Configuration radio et appairage du module Yokis
Après le raccordement physique, le module doit être appairé avec ses points de commande. La procédure varie selon la génération du produit (protocole radio propriétaire Yokis ou Zigbee pour les références plus récentes).
Pour les modules radio propriétaires, l’appairage se fait généralement par une séquence d’appuis sur le bouton du module et du poussoir émetteur, dans un ordre et un délai précis décrits dans la notice. L’erreur la plus courante est de confondre le mode appairage avec le mode configuration (réglage du type de charge, temporisation, niveau de variation).
Pour les modules Zigbee, l’appairage passe par une passerelle domotique compatible (type Energeasy Connect ou autre hub Zigbee). Le module doit être à portée radio de la passerelle au moment de l’inclusion. Les murs porteurs en béton ou les cloisons métalliques peuvent réduire significativement la portée.
- Vérifiez la compatibilité du protocole radio entre émetteur et récepteur avant l’achat.
- Testez l’appairage avant de refermer le boîtier d’encastrement.
- En cas d’échec, une réinitialisation usine du module (appui long, généralement décrit dans la notice) permet de repartir de zéro.
Le remplacement d’un va-et-vient par un module Yokis reste une opération réversible : les fils d’origine sont conservés, simplement réaffectés. Si le module tombe en panne ou si la technologie évolue, il suffit de reconnecter les navettes et de remettre deux interrupteurs classiques. Cette réversibilité constitue un argument concret pour les logements en location, où le propriétaire peut vouloir revenir au montage d’origine sans repasser de câble.

